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Vin des Palhàs : un vigneron en terrasses

Par CATHERINE LEVESQUE

Du vin dans le Cantal ? Oui, et bio par-dessus le marché ! Sur le splendide site des Palhàs – terrasses en occitan –, à Molompize, Stéphan Elzière cultive 75 ares de vignes, soit la moitié de ce microscopique vignoble auvergnat.

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C'est un vin qui se mérite, à l'image des terres où s'épanouissent les ceps dont il est issu, dans la vallée de l'Alagnon. L'accès est difficile, même en 4 x 4, et la vue sur le village vertigineuse. "La communauté de communes de Massiac souhaitait réhabiliter son vignoble. Le site m'a séduit, tout comme l'idée de porter individuellement un projet dans un cadre collectif", raconte Stéphan Elzière, 43 ans, qui aime se définir comme un paysan-vigneron. Il se lance dans l'aventure en 2002, soutenu par sa compagne, Lydia, cantalienne. "Ma fille Lucie a appris à marcher sur les Palhàs", se souvient-il.

 

Bien dans ses Kickers, cet ingénieur en travaux agricoles originaire du Gard a commencé par cultiver des plantes aromatiques le temps que la vigne pousse sur ce coteau exposé plein sud, qu'il partage avec un autre viticulteur, Gilles Monier. "Les lieux ont été défrichés, certains murs refaits ; ceux en basalte n'ont pas bougé. J'ai enherbé un rang sur deux pour conserver un sol vivant et une vigne pas trop vigoureuse, de manière à avoir des raisins résistants, de qualité, afin de travailler à la cave avec le moins d'intrants possible."

 

2 500 bouteilles les bonnes années!

Toutes cultivées en bio, certaines parcelles ne sont pas encore productives. Durant les vendanges, qui s'étalent sur trois semaines, la récolte se compose à 50 % de gamay et 30 % de pinot noir, et à 20 % de cépages plus atypiques (syrah auvergnate, côt, abouriou…).

"Ce sont de tout petits rendements : 18 hectolitres sur 75 ares, soit 2 500 bouteilles les bonnes années !"

 

Lesquelles s'écoulent comme des petits pains, notamment sur certaines tables cantaliennes comme chez Alta Terra, à Lavigerie, ou à La Table des matières, à Aurillac. À l'affût de techniques nouvelles pour s'adapter à ces terrasses atypiques, Stéphan Elzière produit aussi du vin dans le Puy-de-Dôme, le Badoulin, sur deux hectares. "J'aimerais en faire un peu plus dans le Cantal, j'ai plein d’envies et d’idées de cépages différents à cultiver. Cependant, l’accès au foncier reste difficile pour les nouveaux installés ! "

 

 

 

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