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De jolis toits sans tuile !

Par catherine levesque

Emblématiques du patrimoine bâti du Cantal, à la fois solides, rudes et chaleureuses comme l’est le caractère des cantaliens,  les lauzes ne peuvent que taper dans l’œil des visiteurs parcourant les villes et villages, férus de belles pierres. Ces toitures, quelques fois bicentenaires, font l’objet de tous les soins…

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Perché dans la nacelle, Romain Cellarier jette un ultime coup d'œil sur le clocher plus que centenaire de l'église de Ferrières-Saint-Mary. Il vérifie sa "repasse", qui consiste à remettre les lauzes manquantes sur le toit. Des lauzes dorées en l'occurrence, issues de micaschiste, plus légères que la phonolite extraite en dalles plus ou moins épaisses du côté de Murat, son fief.
"Sur ce type de lauze, on est à 250 kg par mètre carré, contre 300 à 400 kg avec la phonolite, explique ce couvreur épanoui. On trie d'abord les lauzes suivant leur longueur, puis l'on place les plus grandes en bas et on ajuste l'épaisseur à l'œil, un peu comme un puzzle. C'est ce qu'on appelle l'approche."


La lauze, une carapace
incorruptible

Marque identitaire du bâti cantalien, cette couverture rustique exige de solides charpentes, souvent en chêne ou en sapin.

On la retrouve sur les plus belles bâtisses de Salers, les châteaux comme celui d’Anjony ou encore la plupart des églises cantaliennes. "Les voliges doivent être deux fois plus épaisses que pour de l'ardoise", poursuit le maître artisan, qui travaille à la fois pour des collectivités et des particuliers. "Un toit de lauze dure au moins 200 ans, soit deux fois plus que l'ardoise et quatre fois plus que des tuiles en terre cuite. J'aime l'idée de laisser une trace pour deux siècles, sourit le trentenaire. Chaque chantier est différent : on tisse des liens sur place et on y pense longtemps…"

La plupart des carrières de phonolite étant fermées dans le Cantal, Romain Cellarier ne néglige pas la récupération lorsqu'il remanie un toit ou démolit une grange. Pompier volontaire, il plaisante à l'idée de tirer parti "de son expérience dans les hauteurs" et assure n'avoir jamais peur. "Même à plusieurs, on est toujours seul face à l'ouvrage."

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