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Le Cantal : un volcan d'une nature généreuse

Par Catherine Levesque

Livre de géologie à ciel ouvert, le Parc naturel régional des volcans d'Auvergne compte la moitié de sa surface dans le Cantal. Ses plateaux verdoyants et son imposant volcan recèlent une faune et une flore remarquables dans des milieux naturels aussi diversifiés que préservés. Florilège.

©Davrid Frobert

Nul doute, cette masse dodue, sur un rocher, c'est une marmotte, qui ne tarde pas à signaler notre présence par un cri strident. C'est ici, sur les flancs du puy Mary en contrebas de la Brèche de Roland, que se trouve l'une des plus importantes colonies du Massif cantalien. "On compte quelque 400 individus sur le massif depuis sa réintroduction, en 1989, précise Jean-Philippe Reygade, garde nature pour le Parc naturel régional des Volcans d'Auvergne. C'est une espèce protégée sur le département. Pour des raisons géologiques, ses terriers sont plus difficiles à creuser ici que dans les Alpes, donc en enregistre plus de pertes durant leur hibernation." (Hypothermie, inondations des terriers).

D'origine méditerranéenne, le mouflon, réintroduit pour sa part dans les années 1960, s'est acclimaté grâce à de micro-migrations qui lui permettent de fuir la neige au printemps durant l’hiver. C'est aussi un hôte des prairies dites "subalpines", dotées d'une flore exceptionnelle.

 

 

Sur l'étroit sentier qui mène au cirque d'Eylac, il suffit de se pencher pour admirer une multitude d'espèces, qui rivalisent de beauté en cette fin de printemps : benoîte des ruisseaux, pensée sauvage, trèfle ou fenouil des Alpes, angélique des bois, anémone soufrée, joubarbe, renouée bistorte, thym serpolet, orchis tacheté, ou encore la sanguisorbe, dont les fleurs évoquent des brosses rougeâtres, la gentiane printanière, d'un bleu sublime, et sa célèbre cousine jaune, "à ne pas confondre avec le vératre blanc, reconnaissable à ses feuilles alternées".

©parc-des-volcans-Auvergne

Une faune et une flore aussi variées que les paysages

Comme l'explique de manière très vivante l'exposition de la Maison de site de Mandailles, la faune et la flore du Cantal sont à l'image de ses reliefs et de ses paysages : très diversifiées, entre les milieux ouverts (pâturages, landes d'altitude), les zones humides (lacs, tourbières), les forêts et les milieux rupestres. Ces derniers sont propices au hibou grand-duc, au chamois et au monticole de roche, l'une des quatre espèces d'oiseaux patrimoniales inscrites à la Directive Oiseaux Natura 2000 que compte le massif. "Le chamois est facile à observer tôt le matin ou tard le soir sur le Rocher de Laqueuille, face à Dienne, le Roc d’Hozière ou bien encore les Fours du Peyre Arse", confie Jean-Philippe. Quitte à lever les yeux, ne manquez pas les nombreux milans royaux qui planent dans le ciel, faciles à identifier grâce à leur queue échancrée caractéristique. Au nord, le plateau de l'Artense est parsemé d'énormes rochers granitiques isolés, tandis que celui du Cézallier est riche en tourbières, qui abritent des plantes carnivores comme le droséra. Mi-septembre, le brame du cerf résonne, comme à Peyre Arse ou dans le massif de la Rhue. De nombreuses sorties permettent d'observer ce rut spectaculaire. Correspondant du "Réseau loup", Jean-Philippe a observé entre 2008 et 2009 deux fois le canidé, dont il a même ramassé des poils et des excréments, qui ont permis de l’identifier génétiquement.

 

parcdesvolcans.fr

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