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Laroquebrou : cité de roc et de caractère

PAR CATHERINE LEVESQUE


Porte méridionale du Cantal, le village médiéval de Laroquebrou étend ses ruelles pentues entre la Cère et un piton volcanique. Petite Cité de caractère depuis 2014, ce bourg animé conserve, à l'abri de son château, de nombreuses maisons à colombages. Visite

©Pierre_Soissons

Laroque comme "rocher". "Brou" en référence au site mérovingien initial. Sur l'avenue principale qui longe la Cère, deux monuments donnent le ton. L'hôtel de ville, situé dans l'ancienne collégiale de la Trémolière (XIVe siècle), remarquable par son atrium et sa salle capitulaire. Sur l'imposant portail d'entrée, les armoiries comportent des coquilles, symbole de l'appartenance de Laroquebrou à la Via Arverna, une voie secondaire du sentier de Saint-Jacques-de-Compostelle. L'église Saint-Martin (XIIIe-XIVe), classée Monument historique dès 1914, a conservé son mobilier et une toile de Jules Quantin, récemment restaurée. "Ce lieu de sépulture, en granite clair, présente une très grande homogénéité", note Régis Delubac, architecte des Bâtiments de France. Avec Guy Barbecot, adjoint à la culture, les discussions vont bon train. Le classement en « Petite Cité de caractère » s'apparente à une renaissance pour ce bourg de 900 habitants, aux confins du Lot et de la Corrèze, dans la Châtaigneraie cantalienne. Parmi un grand nombre d’animations, le Festival international de Boogie-Woogie y attire chaque année, en août, un public averti.

©Pierre Soissons

Une cité sous influence occitane

La cité fait régulièrement l’objet d’aménagements pour valoriser davantage son patrimoine. C'est notamment le cas dans la rue Damont, une voie historique qui se distingue par des maisons en encorbellement caractéristiques du Moyen Âge, des bâtiments Renaissance, des portes ouvragées à heurtoir… "La mairie a racheté une maison de la fin du XIIIe siècle pour la sauvegarder et la transformer éventuellement en résidence d'artiste", se félicite Guy Barbecot. Dans son prolongement, la rue Negrerieu porte le nom du ruisseau "noir", surnommé ainsi pour ses débordements. Après l'avoir franchi, on quitte le quartier médiéval du Merle pour grimper jusqu'à la statue de la Vierge, une réplique de Notre-Dame-de-Fourvière dressée sur un dyke de quartz appelé "Del Moussou", influence occitane oblige. Depuis ce promontoire, Régis Delubac propose une lecture du tissu urbain : "En contrebas, les tuiles canal des toitures ramassées de la ville close, la rue Damont qui conduit vers le faubourg médiéval et, le long de l'église, l'agrandissement au XIXe siècle." Et l'on imagine que la nuit, la visite prend une toute autre dimension à la lumière des lampions…

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