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Greeters : Un historien en chemin

PAR CATHERINE LEVESQUE

On compte désormais une vingtaine de Greeters dans le Cantal, ces habitants qui proposent bénévolement de faire découvrir leur territoire. Rencontre avec Serge Defix, Greeter avant l'heure, dans le petit village de Moissac, qu'il arpente inlassablement depuis vingt ans.

©cantal-destination

Serge Defix a longtemps été Greeter sans le savoir. "J'ai été le premier en Auvergne !", se souvient-il, triturant la grosse clé de l'église de Moissac, dont il explore les moindres recoins depuis vingt ans.

Professeur d'histoire à la retraite, cet habitant natif de Neussargues assurait des visites pour l'office de tourisme, notamment autour du patrimoine ferroviaire. Membre du Comité du sujet du concours national de la résistance et de la déportation (sa famille a été très éprouvée lors du second conflit mondial), ce passionné érudit est surtout sollicité pour le mémorial de la déportation de Murat. Il accueille de nombreux groupes, parfois jusqu'à 50 randonneurs, qu'il initie au patrimoine de la Via Arverna : les deux pierres tombales de Joursac, qui présentent des attributs de Saint-Jacques, le très beau bénitier de l'église de Chalinargues, la magnifique croix en raquette de Mons-le-Ferrand (XVe siècle), l'une des plus belles du Cantal.

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Un Greeter féru d'histoire locale

Du four banal, entretenu par une association, à la maison natale de Pierre Fontanier, un éminent linguiste, cet élégant Greeter est intarissable sur le patrimoine du petit village de Moissac, où il a trouvé voilà une vingtaine d'années trois sarcophages mérovingiens (VIe-VIIe siècles). "Nous allons les déplacer sur le parcours de la Via Arverna pour qu'ils soient mieux valorisés", se félicite l'historien que tout intéresse, "de la préhistoire à la Seconde Guerre mondiale". Dans l'église surmontée d’un clocher à peigne, Serge Defix désigne une chaire polychrome du XVIe siècle et une cuve octogonale baptismale du XVIIe, toutes deux classées.

 

Après avoir été abandonnée pendant des années, cette église du XIIe siècle maintes fois remaniée a vu sa toiture restaurée. "Elle s'est asséchée, les enduits sont tombés, et des peintures murales du XIIe au XIXe siècle sont apparues", raconte-t-il, enthousiaste. Statues, retables, cloche classée du XVIIIe siècle, rien n'échappe aux connaissances de notre guide, jusqu'à la lumière qui valorise telle ou telle œuvre. Pour Saint-Pierre et les clés du Paradis, un conseil, repassez à 17 heures !

 

greeters-cantal.com

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