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Château d'Anjony : une histoire de famille... et d'Anglais

Par catherine levesque

Du haut de son piton rocheux, le château d’Anjony, à Tournemire, a tout du château médiéval dans lequel on rêvait de jouer, enfant : donjon carré flanqué de quatre tours effilées, des chemins de rondes de tous côtés rythmés des fameux créneaux,  mâchicoulis et toits de lauzes. Fleuron de la route des châteaux d’Auvergne : suivez le guide !

Mobilier-et-fresques-du-Château-d'Anjony-P.Soissons.jpg

Impossible de rester indifférent à sa silhouette élancée, impressionnantes poivrières de pierre posées sur la nappe des pâturages verdoyants. Bien qu'il soit né cinq siècles après le château d'Anjony, Jean Chanaux fait partie des meubles de la forteresse qui veille sur le village classé de Tournemire.
Voilà un quart de siècle qu'il gravit quelques 150 marches à chaque visite, à raison de quatre par jours du 15 février au 15 novembre. Visiblement satisfait de cette posologie, Jean, on l'aura compris, se découvre autant que les vastes salles qu'il explore sans lassitude, toujours une plaisanterie en réserve. Qu'un téléphone sonne pendant la visite, et "c'est Jeanne d'Arc qui vous envoie des voix !"


Un intérieur
remarquable

Lorsqu'on pénètre dans la salle basse, on est saisi par la chaleur des lieux, qui contraste avec l'austérité extérieure du château médiéval.
Dans la cheminée, Jean désigne deux meurtrières qui permettaient de surveiller l'ennemi et rappelle, anecdotes à l’appui, la lutte contre les anglais : "Un verre de cahors, c'est un Anglais dehors !". Dans la tour adjacente, on pénètre avec étonnement dans une petite chapelle entièrement décorée de fresques du début du XVIe siècle, qui abrite aussi une délicate statue de vierge noire.

Couverte de fresques de la même époque, la Salle des Preux s'avère encore plus spectaculaire. L'œil, pourtant fort sollicité, se pose sur un précieux cabinet de voyage décoré à la feuille d'or et incrusté d'ivoire.

Un passage dans la salle d'armes puis l'on grimpe dans une tour du donjon. On est alors à 40 m de hauteur et les mâchicoulis dégagent de beaux points de vue sur la vallée.

M.Chanaux©Cantal Destination-C.Vidalinc.JPG

"Ce château a une architecture militaire mais il n'en a jamais eu la fonction", conclut Jean, jaugeant comme s'il les découvrait l'épaisseur des murs et la puissance de la charpente. Avant de redescendre l'escalier en colimaçon avec l'aisance du maître de maison.

 

Au château d'Anjony,
une famille historique

"C'est Robert III que l'on interviewe", plaisante Jean Chanaux, guide au château d'Anjony depuis un quart de siècle. Autrement dit le marquis de Léontoing d'Anjony, 19e génération à habiter les lieux.
"Nous vivons dans la partie ajoutée au XVIIe siècle, précise le châtelain, prompt à raconter la longue histoire de sa famille. "Nos origines remontent à la fin du XVIIIe siècle. Mes ancêtres étaient des bourgeois d'Aurillac qui ont fait fortune dans la pelleterie (sellerie, vêtements de cuir…), d'où l'achat du terrain sur lequel le château sera bâti, acquis grâce à une alliance avec la famille de Tournemire. La famille a ensuite servi le roi avec une compagnie de gendarmes. Louis d'Anjony, surnommé "Loynot" par le roi, était un compagnon de Jeanne d'Arc et il a été anobli. C'est lui qui a fait construire la partie médiévale du château, qui ressemble au donjon de Vincennes. Les choses se sont corsées quand il a voulu devenir co-seigneur de Tournemire. Les familles se sont combattues durant les deux siècles qui ont suivi."
Malgré les vicissitudes subies par la famille d'Anjony durant la Révolution de 1789, le château est demeuré intact. A l'image de la mémoire de Jean, qui fait revivre avec verve le passé de ses habitants.

 

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