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Enquête archéologique : les Cantaliens de l’an mil

Par EMILIE COMPIGNE

Dans le Cantal existent des lieux magiques, propices à la contemplation de l’horizon et à la réflexion sur le passé et le devenir de l’homme. A Rissergues, hameau de l’an mil ressuscité par les archéologues, l’homme scrute, exploite et admire ces grands espaces depuis des millénaires.

La grange de Lili Rissergues
Panneaux d\'informations archéologie Rissergues.jpg

Un programme de fouilles et d’animations ambitieux

La première étape d’enquête débute dans le Grenier de Lili, au cœur du petit village de Malbo. Les habitants passionnés par leur montagne s’y retrouvent et vous y accueillent, facilitant la compréhension des maquettes, des photos des découvertes archéologiques et des tablettes numériques hi-tech, liens modernes de votre remontée dans le temps.

 

Vous y apprenez que la mise en valeur du site de Rissergues participe à un plus vaste programme de recherches sur la Planèze sud du Cantal : pas moins de 12 années de jeu de pistes pour débusquer les traces et les habitudes de vie des hommes laissées depuis 8000 ans. Tout l'enjeu est de comprendre le choix de ces hommes préhistoriques, vivant durement à près de 1 300 mètres d’altitude, isolés, labourant une terre noire volcanique, élevant des animaux rustiques et résistants. Les vidéos des travaux de l’équipe pluridisciplinaire, dirigée par les archéologues Fréderic Surmely et Violaine Nicolas, éclairent les visiteurs du Grenier de Lili sur l’environnement et le quotidien de ces premiers Cantaliens. Les enfants bénéficient, tous les lundi après-midi pendant l’été, d’animations pour plonger dans l’univers de l’archéologie.

 

Une terre riche de preuves

 

Le second faisceau d’indices se déniche au bon air d’altitude, avec trois possibilités offertes aux apprentis archéologues : en homme moderne et motorisé, vous accédez en 5 minutes au pied des vestiges du hameau de l’an mil, en marcheur-cueilleur vous avez le choix entre les deux sentiers des « Cassalouts ». Tout au long de la montée, les panneaux explicatifs, les promontoires en bois pour admirer le paysage et le riche contenu de votre tablette (prêtée gratuitement) ponctuent votre randonnée.

L’immensité des espaces, au-dessus de la vallée glaciaire du Siniq, ne pousse en rien au sentiment de solitude : les traces de l’homme préhistorique à nos jours sont partout pour qui sait les débusquer. Quelques toitures de lauzes, un abreuvoir rouillé couleur lichen, un tuyau d’alimentation courant la prairie… et enfin ces vestiges d’habitations de l’an mil. Sur les cinq bâtiments de ce hameau, deux ont été fouillés et le bois fossilisé des charpentes daté au carbone 14. Les murs de pierres des habitations, la rigole d’évacuation d’eau, la plaque foyère, les terrasses de culture, les poteries d’usage domestique sont autant de preuves que ces espaces, aujourd’hui terres d’estives, ont été habités intensément autrefois, et même toute une vie.

 

Les fouilles et l’intérêt archéologique du site ont permis son inscription au titre des monuments historiques. Sa mise en valeur et sa beauté vous permettent d’appréhender un peu mieux le lien si fort et si durable qui unit les Cantaliens à cette montagne.

 

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Pour découvrir d’autres sites archéologiques dans le Cantal : mobilis.cantal.fr

 

Fouilles Rissergues juillet 2011
Poteries an mil Rissergues

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